METHODE GLASSER : COMMENT VENIR EN AIDE AUX ENFANTS DIFFICILES
La méthode s’adresse aux parents confrontés à un enfant difficile pour toutes sortes de raisons. Cela peut être un stress à l’école ou à la maison, une affaire d’opposition, d’indiscipline, de forte demande émotionnelle, un trouble du TDA/H (trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité) ou alors, comme c'est le plus souvent le cas, parce que doté d'un tempérament plus fortement trempé, volontaire et exigeant au départ. La méthode agit par récompense et reconnaissance. Elle permet un regard neuf sur les enfants « difficiles » en associant de façon novatrice l’apprentissage de la discipline à des stratégies d’encouragement totalement inédites, propres à promouvoir le succès et un sens de réussite chez l'enfant.
L’énergie est un cadeau énorme lorsqu’elle est canalisée et maîtrisée. Or chez ces enfants ce n’est pas le cas. Eux la dispersent dans l’impulsivité, la distraction, la frustration, la colère. Les sautes d’humeur sont fréquentes. D’autres ne sont pas particulièrement remuants et bougillons. Mais ils n’en affolent pas moins leurs parents en étant distraits et trop souvent dans la lune, il faut un énorme investissement parental pour arriver à quoi que ce soit avec eux. Peu importe le cas de figure, ces enfants répondent tous au même schéma ci-dessous.
UN SCRIPT QUI MENE A L'ECHEC
Les enfants en général, surtout lorsqu’ils sont très jeunes, aiment tout ce qui bouge, attire, excite, les feux d’artifice, la plus grosse tranche du gâteau. Or, chez l’enfant intense, ce besoin essentiel de stimulation de l’extérieur ne passe pas en grandissant. Lui a besoin de la stimulation d’échanges excitants pour une relation forte avec des parents attentifs et présents pour pouvoir donner le meilleur de lui-même. Si les parents ne répondent pas suffisamment à ce besoin vital de stimulation et d'attention, cet enfant va chercher à obtenir nos réactions en multipliant les bêtises, afin d’avoir sa dose d’émotions fortes. Et tant pis si notre réponse est négative, pourvu que le feu d’artifice ait lieu. Il s’établit un cercle vicieux. Les parents ont de moins en moins l’occasion de cultiver des échanges positifs avec leur enfant puisqu'il se comporte mal, l’enfant se fait donc de plus en plus perturbateur. Tous les moments forts de la vie sont des moments négatifs, marqués par le conflit et l’échec. Howard Glasser préconise d’inverser le processus.
UN SCRIPT QUI MENE AU SUCCES
Dorénavant, le parent refuse d’alimenter l’échec et la négativité lorsque l’enfant se comporte mal et fait des bêtises ainsi que d’y réagir continuellement et automatiquement, sinon par une sanction neutre. Il ne communique avec lui que sur le mode positif, lorsque celui-ci est (encore !) sage. Comme l’enfant ne fait pas grand-chose de bien au départ, il s’agit de créer et multiplier des opportunités de succès, selon diverses stratégies astucieuses et ludiques qui reposent essentiellement sur la reconnaissance et la récompense, pour en faire autant de vécus gratifiants pour l’enfant. Par exemple, s’il tarde à ranger sa chambre - un travail beaucoup trop vaguement défini pour un enfant intense - il s’agira d’abord de diviser la tâche en plus petites unités pour la faciliter puis de le féliciter sincèrement, d’un mouvement de satisfaction qui vient du cœur, plutôt que le gronder pour son peu d’empressement. Il va s’agir ensuite d’amplifier ce succès sur le tableau des bravos que nous mettons en place dès la seconde semaine de l’atelier, pour la portion de travail déjà accomplie, tout en l’encourageant à continuer. A force de se voir distiller le plus fréquemment possible encouragements et reconnaissance pour ses petits succès, notamment en matière de conduite, on voit l’enfant qui se conforme à nos instructions et à ce qu’on attend de lui en matière des règles et de nos limites.
LE HORS JEU
Que faire lorsque l’enfant refuse de jouer le jeu du succès ? La toute première chose est de se désintéresser de l’enfant en crise en lui retirant notre énergie, notre attention et notre temps. Cela s’apprend au cours de l’atelier. Le parent a établi et fixé par écrit, avec le concours de l’enfant si approprié pour son âge, la liste des interdits et des règles incontournables en vigueur à la maison. Elle lui a été clairement expliquée et l’enfant comprend que, dorénavant, le non-respect d’une règle entraînera inévitablement une conséquence qui prend la forme d’une sanction. Libre à lui d’obéir ou de désobéir, le choix lui appartient. Le parent, quant à lui, se contente d’administrer une sanction en tout neutralité. Les sanctions définies par Howard Glasser sont simples et intelligentes. Elles ne sont d’ailleurs pas présentées comme des punitions, mais comme une conséquence relevant du libre choix de l’enfant. Ces sanctions sont pour l’essentiel des « time-out », c’est-à-dire de brèves mises à l’écart, comparables à celles que dicte l’arbitre sur un terrain de sport. Mais elles n’en doivent pas moins être appliquées de façon très stricte, avec un degré de tolérance zéro…
DES RESULTATS SPECTACULAIRES
Au terme de cet apprentissage, l’enfant découvre qu’il ne sert à rien de faire des bêtises puisqu’il obtient un résultat beaucoup plus satisfaisant avec un comportement positif. De leur côté, les parents éprouvent une grande joie à extirper leur enfant du cercle vicieux des échecs pour l’aider à diriger son énergie dans la bonne voie, celui des succès répétés. Si le parent est déterminé à ne pas alimenter le négatif et si ses encouragements sont sincères et donnés régulièrement, avec consistance, l’enfant est littéralement transformé, la relation parent-enfant s’épanouit, la vie de famille retrouve son cours normal.
MON PARCOURS
Aux USA
En parallèle avec un master en psychologie clinique, à l’université de Bridgeport dans le Connecticut, en 1987, une spécialisation dans la médecine comportementale/gestion du stress au VA Hospital, New Haven, du même état, j’ai suivi une formation en thérapie Gestalt puis obtenu le diplôme de formatrice certifiée dans la méthode Glasser en 1998.
En Suisse
Parmi les points forts de mon parcours avec la méthode, cela a été une source de grande satisfaction pour moi d’avoir introduit la méthode Glasser en 2000 dans nos régions, lors de l’un ou l’autre de mes séjours en Suisse, alors que le livre de ce thérapeute américain n’était pas encore traduit en français. Depuis, la méthode s’est diffusée grâce notamment à l’intérêt d’un médecin pour cette approche inédite, qu’il enseigne à son tour aux parents ainsi qu’à des thérapeutes.
De 2000 à ce jour, mise sur pied et animation d’ateliers selon la méthode Glasser, notamment dans le cadre de l’association des parents d’enfants TDA/H (Aspédah) et « Aux Méridiens Joyeux », à la Tour-de-Peilz. Conférence sur la méthode Glasser au Congrès national sur le trouble déficitaire d’attention avec hyperactivité (TDA/H) en 2009. Co-auteure de l’ouvrage « Transforming the Difficult Child : True Stories of Triumph », de Jennifer Easley et Howard Glasser (Ed. Library of Congress, Amazon), en 2008.
POUR EN SAVOIR PLUS
Le site de Howard Glasser : http://difficultchild.com
Son livre : « Les Enfants Difficiles. Comment Leur Venir En Aide », Howard Glasser M.A. et Jennifer Easley, paru chez Pearson Education, France 2007. En anglais: “Transforming The Difficult Child : The Nurtured Heart Approach”, Editions Worth Publishing 2007.